POUR QUE LES SOMBRES EVENEMENTS DE BONATEKI (GRAND MOULIN) NE SE REPRODUISENT...

 

POURQUOI LES SOMBRES EVENEMENTS DE BONATEKI (GRAND MOULIN) PEUVENT SE REPRODUIRE.

 

Par Mpeke Mu Ntonga

Londres ce 19/07/2006

 

 

Il y a presque deux ans dans l'un de nos bastions Sawa Duala de Bonatéki Est DEIDO, (Grand Moulin), nous recevions alors, la première provocation ouverte contre nos institutions traditionnelles du Grand Sawa. Je veux ici  saluer le devoir d'information et de rappel qu'entretiennent certains et certaines parmi nous sur la toile (Internet). Notre mémoire doit être vive, mais aussi s'activer pour qu'elle ait un sens dans notre présent.  Le devoir de solidarité inconditionnelle qui doit se développer dans  le chantier de la reconstruction du Grand Sawa ne doit pas flétrir.  Il y a à mon humble avis, des événements qui sont des signes avant coureurs qu'il ne faut pas prendre à la légère, par soucis de tolérance.

 

Je reviens donc sur les faits qui ont été rapporté sur les media par un communiqué de presse adressé avec force et détermination par quelques unes de nos autorités, Chefs Supérieurs Sawa du Wouri « sur la sauvegarde de l`identité et de la vie urbainenne. Ngome Kangue (2006)  relate par ailleurs avec subtilité que "c'était le 6 mars 2004 à Bonatéki-DEIDO. Le Chef du village, M. Pascal EKABOUMA MBEDI, devait introniser  (en présence du Sous-préfet de Douala 1er), le Colonel Liberté MOUMI MBEDI à la dignité traditionnelle de notable du quartier Grand Moulin (Bonatéki-Est). Les invités furent surpris par la violence d'une horde de manifestants, habitants du quartier, qui a envahi les lieux aux fins d'empêcher la tenue de la cérémonie provoquant la débandade des uns et des autres. Motif : ces habitants, d'origine non Sawa, ne reconnaissent pas l'autorité dans leur quartier du notable appelé à être installé ce jour là. Ils ont invité, pour les jours suivants, les participants à l'installation de leur propre notable. »

  

En dépit de nos divisions intestines Sawa, nous devons nous rapprocher pour ne parler que d'une seule voix pour démontrer notre solidarité devant la provocation qui n'est que la preuve du danger qui est parmi nous. Nous devons réagir avec fermeté et en respect des  lois de la République pour que cella ne se reproduise plus jamais.

 

Cette date pour nous est symbolique et démontre qu'il se passe quelque chose dans notre Sawa land des peuples « tolérants ». Nous ne devons pas lésiner sur les moyens de fustigation de ces comportements anti-sociaux, des communautés que nous avons accueillis sur nos terres et désormais se comportent en territoire conquis et qui refusent systématiquement de respecter les règles élémentaires de vie en communauté. Dieu merci car cette République nous préserve de ce que tout le monde connaît déjà qui  s'orchestre dans des reunions secrètes; le danger qui est dans nos peuples et communautés et qui se déploie même ici en occident, s'active sans relâche, comme des  effrontés...

 

Nous ne sommes pour aucune incitation à la haine ethnique ou tribale, c'est pourquoi, nous croyons qu'il y a un moyen d'explorer cette situation avec les représentants de ces communautés halogènes qui vivent dans nos villages et communautés. Appelez cela comme vous voulez, ce sont nos villages et communautés, d'abord.

 

Nous proposons par apport  à cette situation qui peut à nouveau se reproduire d'un moment ou l'autre, qu'une réelle concertation de tous les représentants Sawa se tienne pour voir dans qu'elle mesure répertorier des solutions techniques qu'il serait important de soumettre à la table des discussions qui devraient être suivit par un représentant du gouvernement si cela n'est pas encore fait.

 

La tolérance des Sawa doit avoir des limites. Nous ne voulons pas nous voir tout le temps titiller par des personnes qui essayent de créer des situations par imitation et par simple désir de mettre le pays dans le désordre. Ca profite a ceux qui  encouragent cela, mais nos pauvres congénères Sawa de Bonatéki et autres ont besoin de notre protection pour que cela ne se reproduise plus jamais. Que pensez vous de ces assassinats en règles des agents de force de l'ordre et membres de nos communautés Sawa ?

 

Montrons notre solidarité à nos congénères de Bonatéki DEIDO (Grand Moulin), dénonçons clairement et avec courage et fermeté cette historique provocation. A mon avis, il est temps qu'on relativise, voir même réadapte notre solidarité si non, elle devient l'accès même de notre déchéance. Je propose que cette date du 6 mars, soit commémorée par une grande marche silencieuse tous les ans, dans toutes les rues principales des villes du Sawa Land en signe de rejet de la logique de guerre civile que certains initient par des comportements irresponsables. Cela doit aussi être le signe d'une volonté de nous  soutenir inconditionnellement, nous Sawa,  devant de telles barbaries.

 

 

Référence :

 

  • Kangue, N., (2006) 'L'installation d'un notable perturbée par des manifestants' PPS.com
  • PPS.com (2006) « Déclaration des Chefs Supérieurs Sawa du Wouri « sur la sauvegarde de l`identité et de la vie urbain »


Article ajouté le 2006-07-28 , consulté 395 fois

Commentaires


madjodje tabacco le 28/05/2007 à 11:45:16
Il est à hurler ,qu'à nos jours les sawa se sont
vendus depuis des décennies pour de la bière et du poisson. Les Bamilekés construisaient et nos parents mangeaint.Quelque chose a-t-il changé depuis ? Non non et non !!!!. Nous n'avons qu'à lire les écriteaux. "Parler encore,parler encore plus" Et vous savez tous où ces trucs se situent.
Moderator le 29/05/2007 à 11:48:06
Merci pour cette reaction.

teki teki le 14/03/2008 à 13:44:06
Je suis istallé en France depuis longtemps mais fais quand même partie de la communauté Sawa de bonateki, membre à part entière d'un des clans de bonébela, les bonékemlam, frontaliers pour la plupart du quartier de New Deido, lieu des évènements que vous décrivez. Je suis par ailleurs militant Sawa puisque membre fondateur de l'association lilloise "Dikalo la Sawa", association de promotion de la culture Sawa, peuple ô combien accueillant, ce qui constitue actuellement un poison dont nous n'avons pas fini de subir les effets néfastes. Desmond Tutu avait dit ceci à propos de l'arrivée des blancs en Afrique du Sud: "les blancs sont venus chez nous et nous ont dit, mes frères, fermons les yeux et prions; quand on a ouvert les yeux, ils avaient pris la terre et nous avaient laissé la bible". C'est exactement ce qui se passe depuis que les peuples Sawas ont accueilli avec coeur l'ensemble des migrants venant principalement de l'ouest.
Je ne souhaite pas qu'on en arrive aux appels à la haine tels qu'on les entend à Yaoundé, mais il est nécessaire de rappeler avec une fermeté sans reproche et sans honte que la moindre des choses quand on arrive sur un territoire sur lequel est installé un peuple fier avec une histoire aussi riche que le peuple sawa, on doive respecter ses traditions, surtout si celles-ci peuvent servir d'exemple à la mise en place d'une vie citoyenne et civilisée.
Je defendrai toujours, jusqu'à la mort les valeurs de tolérance que nos parents nous ont apprises. J'ai fréquenté l'école publique de Deido avec des copains venant de Grand Moulin dans les années 70, dans un climat de respect et je n'admettrai jamais qu'il en soit fait différemment aujourd'hui. Il s'agit de condamner très fort ce type de comportement et de rappeler à tous que si le peuple sawa est tolérant, il ne saurait se maisser marcher sur les pieds, en l'occurence sur la terre de ses ancêtres.
Mboa o boso
besombe ba bonateki le 10/07/2009 à 15:40:57
merci mon frere teki teki moi je suis de bonadjanga a bonateki.
merci pour ta grande vision des choses.

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