QUI SONT LES BONANJO ? par Mr Bwelle Ekum`a Mbella
QUI SONT LES BONANJO ? par Mr Bwelle Ekum`a Mbella
Aujourd'hui, nous posons la question de savoir qui est un Bonanjo, pour participer à la relecture de l'histoire d'une descendance de Ewale (Dwala). Répondre à cette question exige de remonter légèrement temps, afin de voir qui fut Njo
QUI SONT LES BONANJO ?
Un sain et efficace développement du continent africain exige, à en croire beaucoup d'Africains de haute réputation, une Renaissance culturelle des fils et filles de ce continent. En fait, l'Africain doit en tout premier lieu savoir qui il est, d'où il vient, pour ensuite se demander où il va et comment il compte y aller. Le ''Millenium African Plan'' (MAP) du Président sud-Africain Thabo Mbeki procédait de cette méthode. Malheureusement, le ''Plan Omega'' du Président sénégalais Abdoulaye Wade, plus accentué sur des aspects purement économiques a fini par prendre le dessus dans la confection d'un plan de développement unique pour l'Afrique : NEPAD (New Partnership for African Development) ou NOPADA (Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique). Et une fois de plus, l'Afrique, sous l'influence des éternels fossoyeurs de son histoire, est passé à côté de la plaque.
Il est cependant important aujourd'hui d'informer et de former nos enfants, Africains de demain, sur l'histoire authentique de leurs ancêtres, afin qu'ils en tirent la fierté capable de booster leur orgueil, source d'un développement viable et fiable. Cette logique voudrait que ceux qui en ont les compétences puissent continuer l'œuvre entamée par plusieurs historiens africains, notamment (feu) Ibrahima Baba Kake (paix à son âme), avec sa collection "Grandes figures africaines" entre autres.
Dans la même logique et pour ce qui est du peuple Sawa, que ceux qui détiennent quelque connaissance de l'histoire de l'ensemble de ses composantes fassent l'effort de transmettre, non plus verbalement, mais par écrit. Ainsi pourront nous, nous Sawas, reconstituer notre histoire véritable et par là bâtir une communauté forte sur tous les plans, totalement dépouillée de préjugés et ayant définitivement enterré les antagonismes d'hier, dont les origines ont souvent été marquées par des incompréhensions. De grâce cependant, sachons taire les égocentrismes.
Aujourd'hui, nous posons la question de savoir qui est un Bonanjo, pour participer à la relecture de l'histoire d'une descendance de Ewale (Dwala). Répondre à cette question exige de remonter légèrement temps, afin de voir qui fut Njo et quelle est sa descendance.
NJO A MASE : PREMIER DES NJO CHEZ EWALE
Ewal'a Mbed'a Mbongo, d'un mariage incestueux (il a pris pour épouse sa cousine Eked'a Ngas'a Mbongo), a deux enfants : Mulobe et Mase. Fille, Mase aura des rapports sexuels incestueux avec son cousin Mapoka m'Ekakanga – Ekakanga Mbedi dont la descendance est aujourd'hui connue sous l'appellation de Bonjongo. A l'enfant qui naîtra de cette relation, on donnera le nom de Njo. Né d'une princesse hors ménage et selon la tradition, il sera de la descendance de son grand-père, Ewal'a Mbedi. C'est ainsi que logiquement on parlera de Njo a Mas'Ewale. Les moqueurs diront toujours Njo a Mapoka m'Ekakanga, pour rappeler l'origine patriarcale de Njo. Mais il est bel et bien, et demeurera Njo a Mas'Ewale, parce que né dans la Cour sans mariage.
Adulte, Njo prendra femme et donnera naissance à Makongo qui à son tour donnera naissance à Doo.
Doo, Ancêtre des Bonadoo est donc généalogiquement : Doo la Makongo ma Njo a Mas'Ewale.
Doo la Makongo, deviendra plus tard le tout premier Kiñ'a Dwala (Roi des Duala stricto sensu) descendant de Mase – il y avait un seul Roi chez les Duala et tous les prédécesseurs de Doo étaient issus de la lignée de Mulobe. Doo aura aussi plusieurs enfants qui, pour des raisons multiples, occuperont plus d'une côte du fleuve Wouri.
NJO A DOO : SECOND DES NJO DANS LA LIGNEE
Loin de nous l'idée de prétendre qu'il n'y eut aucun autre enfant qui porta le nom Njo. Mais, des plus réputés (certainement par la primauté et le cadre de leur naissance) le second des Njo de cette lignée est l'enfant premier mâle né de Doo. En effet, à son fils premier né, Doo donne le nom de son grand-père : Njo.
Par la suite, les Occidentaux qui accostent au Senge donneront, comme il est de coutume chez eux, et, dans une société patriarcale et au respect absolu du droit d'aînesse, le titre de Prince. Ainsi ils l'appelèrent dans toutes leurs transactions (Njo Doo était commerçant et pêcheur et à ce titre commerçait comme intermédiaire avec les Occidentaux) ! La "tropicalisation" de cette appellation, par des personnes qui, ne connaissant pas la langue ne peuvent que la déformer, donnera Priso. C'est ainsi que Njo a Doo devînt Priso a Doo. Dans le chapitre des déformations locales, le Plateau de Georges (prénom attribué à Doo la Makongo par les Blancs) deviendra Plateau de Joss…
UN ROI, DEUX CANTONS : NJO ET BELE
Des intrigues de Cour et des comportements immoraux de certains devant la cruauté d'autres amèneront les enfants de Doo à occuper, nous l'avons dit, plusieurs côtés du fleuve Wouri. En fait deux !
Par malice – Bele ba Doo fut réputé pour ses comportements immoraux, ce qui sera à l'origine de la dispute avec son frère aîné Njo (ou Priso) qui voulu lui donner la mort, et, de la maxime Bele a si makwa a dumba nde : Bele ne demande pas, il arrache – Bele ba Doo deviendra leader d'un côté (où il ne fut pourtant pas le premier implanté) : Bonabele ou Bonabedi ou encore Bonaberi. Ce côté était occupé par tous ceux qui ont pu faire ménage avec Bèlè, volontairement ou par contrainte quelconque. Parmi eux, Sam'a Doo qui eu l'amabilité de cacher son frère face à l'esprit vengeur Priso qui voulait tuer son frère pour réparer une injustice.
De l'autre côté, Njo et tous ceux qui était acquis, volontairement ou par quelque contrainte, à sa cause. A l'instar de sa sœur Sikè (enfant première née de Doo), son oncle Ngañ a Makongo, ses jeunes frères Dumbe, Belone, etc. A ce côté, on donna naturellement le nom de Bonanjo.
La présence du père réduisait considérablement les divisions, encore qu'à ce moment-là, les Dwala n'avaient qu'un seul et unique Royaume. Mais avant sa mort, Doo la Makongo choisit comme successeur un de ses nombreux petits-fils, Bebe, né de Bèlè ba Doo. Ce qui exacerba les tensions déjà existantes. Par ailleurs, Ngand'a Kwa, descendant de Mulob'Ewalè revendiquera le trône de ses grands-parents. Fortes tensions qui amèneront la guerre de 1814, puis la scission du seul Royaume Dwala en deux : Les Bonakuo et les Bonadoo.
Facilitées par les intrigues de l'administration coloniale, les tensions entre les frères Doo deviendront plus grandes et aboutiront à une décision administrative qui donnera naissance à deux Cantons chez les Bonadoo : le Canton Bèlè et le Canton Njo. Entre-temps, Bebe (et quelques-uns de ses frères, nés de la même mère que lui) occupe bien entendu le siège du trône, dans le Canton Njo, où vivent ses oncles dont le Prince (Priso) Njo, ses tantes et grands-parents.
Historiquement donc, et dans la logique des faits, Bebe n'est pas le Chef Supérieur du Canton Njo, mais le Roi des Bonadoo. Il en va de même avec tous ceux qui lui ont succédé, dont pour le cas d'aujourd'hui, le Prince René Bell. Ce titre réduisant attribué au Roi des Bonadoo et bien entretenu par l'administration en place participe
probablement à l'action de celle-ci de maintenir des divisions au sein des Dwala en particulier et des Sawa en général pour pouvoir mieux régner (que dire du cas d'un Chef Supérieur de Deido d'égale importance que celui de Akwa ?).
LES BONANJO A BONANJO
Parlant du territoire occupé de nos jours, les descendants de Njo, de Dumbe et leurs frères et sœurs habitaient effectivement le lieu toujours connu sous l'appellation de Bonanjo. Ils y seront rejoins par leurs neveux, comme nous l'avons vu précédemment. Mais le déguerpissement du Plateau de Joss imposé par les Allemands les mènera aux points aujourd'hui connu comme Bonapriso, Bonadoumbe, Bonadouma, etc. C'est pourquoi nos parents appèleront le territoire de Bonanjo dépouillé de ses habitants autochtones Bonanjo ba Bakala : Bonanjo des Blancs.
Si nous partons de la donnée historico-traditionnelle qui veut que le nom d'un peuple lui vienne de son ascendant, nous pouvons dire que les Bonanjo sont en réalité les Bonapriso et assimilés (ses frères et sœurs qui lui sont resté fidèles : Sik'a Doo a laissé une progéniture qui est l'une des grandes Familles constituant la Collectivité Bonapriso ; il en est de même de Belone ba Doo. On parle alors des Bonasikè et Bonabelonè. Sans oublier la descendance de Ngan a Makongo constituant la grande Famille Bonangan de la Collectivité Bonapriso. Tous sont appelés Bonapriso de façon globale).
Mais, une tendance chez les Dwala attribue de plus en plus l'appellation Bonanjo aux descendants de Bebe et ses frères. En fait, ils sont des Bonabèlè. A la limite, s'ils s'en détachent, ils ne peuvent être alors que des Bonamadone (nom de leur mère) comme cela se voit dans nos traditions. Prétendre qu'ils sont LES Bonanjo serait à notre humble avis une grossière erreur.
Certains arguent qu'il s'agit de Njo a Mase, l'homme de qui vient cette descend Doo. Mais alors, dans ce cas, ce sont tous les Bonadoo qui sont des Bonanjo…
Redonnons à l'histoire ses marques authentiques pour mieux initier nos enfants ! Le Chef Supérieur du Canton Njo-Njo (s'il en faut un, puisqu'il y en a au Canton Bèlè-Bèlè) doit être celui des Bonanjo authentiques (Bonapriso). Le successeur de Beb'a Bèlè (le Prince René Bell pour l'heure) est le KIÑE (Roi) de Bonadoo. Donc au dessus des deux Chefs Supérieurs. Si l'administration, pour des raisons qui lui sont propre veut maintenir cette insultante situation, qu'elle le fasse ! Mais que les Sawa mettent chacun à sa place : Moto te o epol'ao ! (Roi) de Bonadoo. Donc au dessus des deux Chefs Supérieurs. Si l'administration, pour des raisons qui lui sont propre veut maintenir cette insultante situation, qu'elle le fasse ! Mais que les Sawa mettent chacun à sa place : !
Ekum'a Mbella Bwelle
Ekum'a Mbella Bwelle
SOURCE:PEUPLESAWA.COM,2006


Commentaires
Moderator le 19/01/2008 à 22:09:37LA REACTION DE MBEDI EBONGUE HUGUE:
restituer l`histoire
mr Ekum`a Mbella
j`ai lu votre message que je félicite car je pense comme vous il faut restituer notre histoire afin de savoir ou nous venons et de mieux definir les bases du dévéloppement selon notre contexte.
aujourd`hui lorsque nos diigeants votent les budget la tradition occupe la dernière place souvent meme elle est completement oublié tout simplement parce qu`ils veulent copier un modèle qui ne cesse de montrer des défaillances dans notre espace.
revenons sur l`histoire des bonanjo.
avant d`apporter mon plus a ce que vous avez dit je tiens à vous remercier tout d`abord parce que vous me permettez d`avancer dans mes recherche(bref je ne donne pas une crédibilité absolue mais par rapport aux info que j`ai eu de la part de certain anciens je vois une certaine crédibilité dans cela.)
en effet lorsuq`on remonte la généalogie ewal`a mbedi eu effectievement 2fils:mulobè m`ewalè et massè m`éwalè.
et d`après un ouvrage que j`ai lu :LES HOLLANDAIS SUR LA COTE OUEST AFRICAINE ecrit par JEAN VANESSON là il est mentionné que MULOBE M`EWALE étais l`un des roi les plus puissant de la cote ouest africaine et par ailleurs roi des duala ce qui est d`ailleur enterré lorsqu`on retrace notre histoire donc je suis parfaitement d`accord avec vous l vous dite que le trone des duala reviens à la branche de mulobe.
mais je n`arrive pas du tout à comprend le pourquoi vous dite que doo la makongo devint king des duala.jusqu`a présent je n`ai jamsi pu comprendre les origine de ce transfert de trone.
mais d`une part je me dis il eut surment un problème au niveau de la génération de doo ce qui entrainant la séparation entre le lignéage masse et mulobè.
pour ce qui est du canton bell aujourd`hui divisé sur plusieur terres je crois avoir deja apporté des solutions à ce problème sur le site grioo.com concernant l`article de tét`ékombo.
en effet doo la makongo qui fonda le royaume bell avant 1792 donna naissance à des fils donc les plus connu furent:bèlè ba doo et pris`a doo(merci de l`éclaircissemnt que vous avez apporteé sur les origines du nom priso qui reste à vérifier).
bele et priso eurenet de sérieux problèment relatifs à l`injustice comme vous l`avez si bien mentionné ce qui aboutira à la traversé de la rive gauche du fleuve par bèlè sur recommandation de son père doo.ce dernier sera ainsi accueillit par ll`un de ses frère sam`a doo qui cohabitait depuis longtemps sur ce coté du fleuve avec les bassa(aujoud`hui sodiko,bonamatumbe etc...) et les bakoko.à l`arrivé de bèlè ses hotes plantère le bogongi ba bèlè pour symboliser son arrivé et ce dernier s`y établit en véritable maitre.
doo la makongo sentant que ses jour étaient proches fit appel a son fils belè pour le remplacer ce dernier aussi se sentant deja vieux refusa.
mais il fit assoir une assise au bogongi pour faire part de la décision de doo à ses fils et son fils mbap`a belè qu`il voulu désigner refusa sous prétexte que son père(bèlè) a peur d`aller affronter priso et c`est lui qu`il choisit.
mais l`un des filsde bèlè du nom de beb`a bèlè s`engageant et ce`st depuis ce jour que le sang de bèlè retraversant le fleuve pour aller sièger au trone des doo-doo ce qui agrava encore la haine de priso et sa suite qui se sentait détesté par son père.
la reconciliation survient lors du sacre de douala manga bell que les fils de priso reconnurent le règne et ce dernier fut meme introniser par kum`a mbappe descendant de mbapp`a bèlè .
voila en quelque sorte ma contribution que je continuerai apres diverses réaction merci et à très bientot
Moderator le 22/01/2008 à 15:48:29
ALLONS Y EN PROFONDEUR ET REFLECHISSONS EFFECTIVEMENT.
Réaction de Mpeke Mu Ntonga, Jan 2008
Article du congénère Ekum’a Mbella sur l’histoire des Bonanjo est un exemple même de la problématique qui mine l’épistémologie Sawaiste et voire même Africaine. Je ne mets pas en doute cette prose ni moins son contenu. Simplement, je veux revenir sur un fait qui me semble très inquiétant pour la classe intellectuelle africaine et notamment Sawa.
J’encourage l’écriture de notre histoire Sawa, mais il y a des détails sur lesquels nous devons faire très attention. Ne réécrivons pas notre histoire en calquant celle que les occidentaux ont écrite avec des termes devalorisateurs tels que "incestes" que l’auteur reprend ici. Je vais définir ce terme inceste une fois de plus.
Le mot inceste vient du latin incestus « non chaste ». La pratique de relation sexuelle entre un homme et une femme parents ou allies a un degrés entraînant la prohibition du mariage. (Voir le Petit Robert1).
Et s’il nous dit le cher Ekum a Mbella qu’ « un
Sain et efficace développement du continent africain exige, à en croire beaucoup d'Africains de haute réputation, une Renaissance culturelle des fils et filles de ce continent. » Il rajoute qu «
En fait, l'Africain doit en tout premier lieu savoir qui il est, d'où il vient, pour ensuite se demander où il va et comment il compte y aller. »
Je me demande si il ne se situe malheureusement pas à un entendement très limité, en se servant des repaires occidentaux. Le gros du travail n’est pas d’écrire, mais de réfléchir quand on écrit. La révolution culture n'a pas pour repaire unique l’arrivée des occidentaux qui nous inculquerent des concepts auto dénigrants et auto dévalorisants
Que notre frère reprend avec verve ici sans se rendre compte qu’il perpétue cette mauvaise écriture de notre histoire.
Pourquoi donner de l’impact a des mots qui ne doivent pas être des mots clés de notre culture ? Inceste etc. Avant l’arrivée des occidentaux qui étions nous donc ?
Les trois questions génériques pour sociologues anthropologues et autres que pose l’auteur ici ne sont pas répondues par lui-même.
Allons nous réellement en profondeur des choses ? C’est quoi la renaissance culturelle pour un Sawa si on réécrit des histoires pour se culpabiliser avec des termes d’emprunts qui stigmatisent des pratiques seculaires ancestrales.
mouna sawa le 05/06/2008 à 19:17:51
Mr EKOUM'A MBELLA BWELLE Je me donne la force de reagir car je trouve que votre texte manque parfois de retracer les choses dans son contexte neamoin il m'echoix de vs dire que l'administration ne peux qu'entre fiere de ce qui ce passe pour preuve la collectivité de bonapriso a des soucis que l'administration laisse faire