BONA SAWA

BONA SAWA

\"moto te o epol\'ao\"

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"moto te o epol'ao"


Bien qu’il soit de nos jours un slogan creux, "moto te o epol'ao", est un terme que j’aime bien, qui renvoit tout bon Basaa du Wouri à deux questions intrigantes; quelle est la place du peuple Basaa au sein du peuple Sawa ? Quelle est la place de ce peuple au sein de l’institution du Ngondo aujourd’hui ?

Comme d’autres, le peuple Basaa est un simple faire valoir aujourd’hui au sein du Ngondo. Et la plupart des membres du groupe Bonambongo expliquent la présence du groupe Basaa au sein de cette institution par son ouverture aux non Bonambongo et à l’esprit de rassemblement qui les anime.

A ce sujet, un digne fils Bonambèdi déclarait :

« ….les Duala n'ont pas besoin de parenté bassa car ils sont issus d'une des plus grandes familles que compte le cameroun ; les sawa, les vrais, car je le disais souvent et on me prenait pour un fou mais ça a fini par arriver, assimiler toutes ces tribus voisines que sont les bakoko, les bassa et autres, exception faite des pongo(dibombari et pongo-songo) les malimba qui sont des frères incontestés des ewalé nous conduirait à un grave problème un jour que monsieur ekwe de logbissou pose aujourd'hui lui qui se croit duala ou encore même sawa. qui ne nous dit pas qu'un bakoko se lèvera aussi un jour avec ces mêmes faux arguments que Mr ekwe a puisé de ses rêves les plus perfides qui soient ». Parole de Mr Sawaboy, forum sawabassa.

Relevons ici que notre frère Sawaboy dit tout haut ce que les autres Bonambèdi
Pensent tout bas. Mais, maitrisent-ils la vraie origine du nom Sawa ? Maitrisent-ils la vraie origine du Ngondo ?

Comme si cela ne suffisait pas, le groupe Douala, digne représentant du groupe Bonambongo des côtes camerounaises s’arroge aujourd’hui le privilège d’être au centre de la naissance du cameroun (en tant que nation), ce qui fait sa fierté et celle de ses frères. Pourtant, au moment où l’embouchure du Wouri prend le nom ‘’Camaroes’’ qui deviendra cameroun, ces derniers ne sont pas là ; au moment où la côte camerounaise prend le nom Biafra, ces derniers ne sont pas là ; au moment où les Hollandais donnent le nom Monambasha Gatt à l’embouchure du Wouri, ils sont là. Or, le nom Monambasha Gatt, qui signifie ville ou village de l’embouchure des Bassa était lié au groupe Basaa installé à cet endroit et non aux deux familles Bonambèdi qui auraient, parce que plus aguerries aux échanges, pris le contrôle de la région dès leur installation vers 1578. Relevons que l’époque Hollandaise commence vers 1600, régresse au début du 19e siècle pour prendre fin autour de 1872.

Pour comprendre à quoi l’histoire du peuple Basaa des berges du Wouri est réduite aujourd’hui, savez-vous qu’un Royaume du nom Biafra (Biafra est la déformation du nom Basaa en portugais) a existé sur les bords du Wouri, et que l’un de ses illustres Rois, connu sous le nom Mapota (son surnom) dont le nom, corrompu en Portugais est devenu Manoba ou Monoba à dessein est attribué aujourd’hui à Moulobè ? "moto te o epol'ao"

Mapota était le fils du patriarche Bong et le beau-fils du patriarche qui régnait sur le Royaume de Biafra vers 1600. Lorsque ce dernier épouse l’unique enfant du patriarche, il l’envoie en Europe pour apprendre l’intermédiation. À son retour, il le seconde dans les affaires du pays. A la mort du patriarche, Mapota devient le régent des berges du Wouri.

Le patriarche Hom(Ewouma) étant sans descendant en dehors de sa petite fille, l’une des closes du mariage de cette dernière ( Niaka Benda) avec Mapota exigeait que le premier fils du couple devait lui revenir. À sa naissance, il reçut le nom Kul, du père du patriarche à l’origine du nom Bonaku.

Pour dénigrer les maîtres des lieux et sa fraction restée sur les bords du Wouri, voici ce qui est diffusé aujourd’hui au sujet de Kul et ses descendants :

« Le nom Kouo vient de KU originaire de ndonga qui à été confié au Chef Bonambella Kwane Ngiye qui l’a ramené a douala ou il fonda sa famille grand père de KING NGANDO A KWA A KOUO fondateur du ROYAUME AKWA ». Commentaire de l’administrateur du site Déidobonebela Moses Esaka Ekwala, posté le 19/09/2010 à 16:03:18.

Les Bonaku/Akwa ne seraient donc pas Douala ? Toutes les versions de l’histoire de Kul diffusées au sein des autres clans Douala ne sont pas éloignées de la version de l’administrateur du site déidobonebela. Il est donc important de revenir sur cette famille pour soutenir que la famille Ndonga évoquée ici est autochtone de la ville de Douala. Elle occupait le territoire contigu à celui du patriarche Hom (Ewouma) dont l’actuel Bonakwanmwang et Ngodi. D’ailleurs dans la langue Basa, Ngoli veut dire la barrière 1 tout comme Nga de Ndog-Nga (vraie orthographe du nom Ndonga). Les descendants Ndonga restés sur les lieux sont les Bonakwamwang. Précisons que c’est plutôt la femme de Kul ; Ngo Keng (Nkenguè) qui était une Ndonga. Cette dernière est à l’origine des Bonamoukengue; un quartier du village Logkul du nom du père du patriarche Hom, ou Log Hom (Bonewouma) du nom du patriarche lui-même. "moto te o epol'ao"

(1)- Ngoli ou Ngodi dans le langage courant signifie la ceinture. Pourtant, une ceinture humaine est une barrière humaine.

Il se trouve donc que Kul était issu de deux familles Bassa nobles ; les Dumu (Ndogbong) et les Loghom. D’où vient-il qu’il soit considéré comme un fils adoptif ou esclave des demandeurs d’asile puisque c’est de çà qu’il est question lorsqu’il faut évoquer l’installation des deux familles (nucléaires) Bonambèdi sur les bords du Wouri. "moto te o epol'ao"

C’est une honte pour nous qu’un peuple comme celui des Douala soit aujourd’hui à balbutier sur son histoire parce qu’il se refuse à se reconnaître au groupe Basaa tout en s’appropriant son héritage (le Ngondo et le nom Sawa).

Le peuple Basa dans lequel se sont longtemps reconnues les familles aujourd’hui au bord du Wouri s’est disloqué autours de 1930. Pendant que ce peuple situe la naissance du Ngondo en son sein au moment de son installation, ce privilège ne lui est pas reconnu.

Intéressons-nous à la date de naissance proposée par le groupe Douala pour soutenir que voulant s’approprier la paternité de cette institution, les historiens Douala dans leur méconnaissance du passé ou pour brouiller les pistes situant la dislocation du groupe plutôt, ont ramené la naissance de cette institution à une date récente ; 1815. Or à cette époque, toutes les fractions de ce groupe étaient encore sur les bords. Et cette présence peut être prouvée.

Revenons sur la date de 1815 pour soutenir qu’à cette époque, les Bonanjo n’étaient composés que des fils de Doo ; les Akwa, des fils de Kul ; les Bonewonda, des Bonakwan : les Bonabèlè, des fils de Belè et ceux de ses frères. Précisons qu’à cette époque, les Déido n’existaient pas en tant qu’entité. il était donc question de 4 familles nucléaires faisant à peine une cinquantaine d’individus (femmes et enfants confondus). Un tel nombre à-t-il besoin d’un organe fédérateur (parlant du Ngondo) pour son fonctionnement? Nous disons non !

Ces chiffres qui peuvent surprendre, sont pourtant exhaustifs pour certains. Pour s’en convaincre, intéressons-nous de près à la famille qu’on dit être la plus importante de cette époque pour soutenir que les Bonanjô et les Bonabèle (Bonaberi) descendent tous d’une même personne, Doo. En 1815, la famille Bonadoo n’était qu’a sa deuxième génération ; composée des fils et petit fils de Doo que tout chercheur sincère (Douala) peut énumérer. De même pour la famille Bonakul/Akwa qui se limitait aux fils et petit fils de Kul II. Un tel nombre peut-il susciter des Rois ? Nous disons non pourtant, Doo était un Roi, et c’est vrai. Doo régnait donc sur qui ?

Dans la tradition Basaa, comme dans plus d’un clan Bantu, un Nlolo (étranger) intégré à la troisième génération pouvait postuler à tous les postes de responsabilité du groupe. Ainé à une époque, Doo qui était de la quatrième génération des éléments Bonambèdi accueillis sur les berges du Wouri va succéder à Mapota, qui lui-même avait succédé au patriarche Hom (Ewouma), lequel avait succédé au patriarche Bissou, qui avait succédé au patriarche Kul dont le patriarche Longue avait été le prédécesseur…... sur le patriarcat (trône) du royaume de Biafra donc, du royaume Basaa.

Dans le groupe Basaa, la succession n’était pas héréditaire. Le pouvoir était transmis d’ainé en ainé pour preuve 1, Doo n’a pas succédé à son père Makongo ma Njo dont l’histoire ne reconnait pas qu’il eût assumé la charge de grand patriarche (Roi) sur les berges du Wouri. Mais, lorsque par le concours d’un groupe de commerçants Européens Doo réussit à imposer sont fils Belè comme successeur, en pleine résistance, le peuple lui opposera Ngando qui viendra mettre un terme à cette imposture. Dès l’accession au trône de Ngando en 1806, ce dernier va réhabiliter l’assemblée du peuple ; le Ngondong qui avait connu un passage à vide avec la dynastie Doo. C’est cette assemblée qui va résoudre en pleine quarantaine du clan Bonadoo, le problème Malobè en 1815.

(1)-C’est cette tradition qui est à l’origine des problèmes de succession dans le canton Bassa aujourd’hui.

Sur cette question, Epée Valère relève :

«… Il est impensable que le Ngondo, assemblée mythique et juridique des fils de Mbèdi installés sur les berges du Wouri depuis 1578, ait attendu près de 3 siècles pour s’organiser face aux problèmes posés par la cohabitation avec les Bassa et les Bakoko trouvés sur ces lieux. D’autre part, c’est en 1814 qu’a eu lieu le grand schisme des clans Ngando (Akwa) et Belè (Bell). Comment le Ngondo a-t-il pu naître un an après, dans le feu de la division, alors qu’il avait au contraire été appelé à gérer cette situation longtemps conflictuelle ?».

« Le Ngondo n’a donc pas pu commencer avec le combat de Malobè et Ngomiga qui n’était qu’un gros incident diplomatique parmi d’autres, géré avec bonheur par une institution déjà bien rodée dans la lenteur des siècles équatoriaux, donc vieille d’au moins un siècle ; et la date de 1653 (c’est-à-dire 75 ans après l’installation des Ewalè à Douala et 162 ans avant le combat) nous parait sinon conforme à la réalité historique tout au moins proche d’elle » 1 . (Epée Valère : « le Paradis Tabou », p. 161 édition Cerac 1999)


Sans s’accorder sur tous les points avec Epée Valère, il ressort clairement du développement de ce chercheur que le Ngondo est né longtemps avant 1815. Si tel est le cas, le Ngondo est donc né dans le royaume de Biafra, au sein d’un peuple démocratique comme celui des Basaa.

Ici, je ne m’attarderai pas sur l’origine du nom Sawa. Je dirais tout simplement que le nom du groupe Bassa des berges du Wouri vient de son tout premier patriarche (Saa d’où Basaa) dont le nom signifie, paie, rétribution. Et il se trouve que dans l’une de ses significations, le terme Sawa veut dire ‘’paie, rétribution’’. Quelle curieuse coïncidence !

Que mes frères Bonambèdi et apparentés qui ont longtemps pensé que le terme Sawa et le Ngondo leur étaient directement liés mettent leurs égos de Côté. Il y va de notre unité, notre histoire commune. Qu’ils se procurent les ouvrages ; l’origine basaa du Ngondo et du nom Sawa et l’origine Basaa du nom et du groupe Douala qui véhicule la pensée Basaa sur ces concepts, piliers de notre culture. Pour ceux qui ne peuvent pas se les procurer, ma fondation se fera le plaisir de les leur offrir. Nous contacter au 79784128 ou faire un tour sur le site Sawabassa.com. Ils verront par eux-mêmes qu’une autre lecture de notre passé commun où chacun a sa place est possible.

"moto te o epol'ao". A bientôt mes frères

Zorro
































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