BONA SAWA

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Jean Célestin Watat : Les allogènes sont politiquement combattus à Kribi

Jean Célestin Watat : Les allogènes sont politiquement combattus à Kribi


L'homme politique et président de la communauté de l'Ouest revient sur le déroulement des dernières élections dans cette ville.
Propos recueillis par Jean Francis Belibi


Après les remous des dernières opérations de renouvellement dans le Rdpc, comment se fait la cohabitation avec vos adversaires?


Je tiens de prime abord à apporter une précision. Les fractures observées lors des opérations de renouvellement des organes de bases même si elles ont connu une certaine acuité dans le département de l'Océan étaient loin d'être une exclusivité de notre ressort politique. Ces joutes se sont déroulées à la veille je dirais même en prélude à une autre compétition interne dans notre parti, à savoir la sélection des candidats du Rdpc pour les élections municipales et législatives de juillet 2007. D'où les dérapages constatés chez certains responsables politiques en place qui dès le départ se sont lancés dans une course de pré positionnement. A propos, n'oubliez pas que dans un bastion du Rdpc comme l'Océan, le renouvellement des organes de base du parti puis les primaires ont apprivoisé tous les enjeux, le triomphe du parti étant assuré pour la suite. Entre temps en prélude aux élections proprement dites, l'Océan a refait son unité en bloc pour faire triompher nos candidats.

Certains estiment que les autochtones ont tiré sur la corde tribale lors des primaires dans le Rdpc pour vous écarter de la course aux municipales 2007 dans la commune de Kribi 2.


Voilà 25 ans que je suis établi ici à Kribi. Je puis d'ailleurs me prévaloir au regard de mon expérience, être un modèle d'intégration nationale tant prônée dans les discours officiels. Ainsi accepté et adopté par les populations autochtones, j'ai pu mener un volume considérable d'activités économiques qui en tout état de cause constituent ma modeste contribution à l'essor du département de l'Océan. De par ces états de services, il serait aberrant de mon point de vue de participer de la sorte au développement de la cité et de ne point aspirer à sa gestion. Malheureusement une fois de plus, j'ai échoué à mon ambition somme toute légitime de briguer un poste électif à Kribi. Mon aventure a été stoppée net au niveau de la constitution des listes pour les primaires. Tenant compte de la circulaire de notre président national, Son Excellence Paul Biya, j'avais entrepris de constituer une liste pour les primaires en vue des municipales dans la toute jeune commune urbaine de Kribi 2. Dès l'annonce de ma candidature certains camarades de parti sont entrés en transes n'hésitant pas à user de menaces de mort et de pressions de toutes natures pour démissionner voir détourner mes colistiers autochtones. Sur les trois conseils municipaux qui coiffent les communes de Kribi, on ne dénombre qu'un seul allogène de la même ethnie que moi.

Pourquoi cela, alors que vous êtes très présents dans le domaine des affaires?


A la lecture des résultats des dernières consultations électorales, les allogènes sont politiquement combattus ici avec âpreté. Un responsable local a même ouvertement prôné l'exclusion des allogènes. Si on leur accorde de faire les affaires, il va sans dire qu'on ne leur pardonne pas encore simplement de faire de la politique au pire prétendre à un poste électif. Kribi est encore une ville rurale je dirais. Par conséquent les réalités en vogue dans nos grands centres urbains, Yaoundé, Douala, Nkongsamba par exemple, où les brassages sont assez prégnants et les populations à la fois très cosmopolites et émancipées, ne semblent pas encore imaginables ici.

Certains voient en la création de votre Cercle, la volonté de votre communauté de mieux préparer les échéances électorales à venir pour le contrôle de certains postes électifs?


La tendance est aujourd'hui au regroupement, au resserrement, à la solidarité, tout le contraire de l'isolement, pour mieux défendre les intérêts, porter les voix plus haut, mieux se faire entendre. Nous voulons être davantage présent. Le Cercok, à peine créé ne manque pas d'apporter ses contributions lors des grands évènements. Ses membres contribuent considérablement sur le plan économique au développement de leur département d'accueil. Notre engagement est total dans le Rdpc et derrière le président Paul Biya. D'où vient-il que lors de la redistribution des cartes nous soyons bannis, mis à l'écart systématiquement. Il faut renverser la tendance. Il est donc par ailleurs question de faire comprendre à nos frères de l'Océan que la prise en compte mieux l'association de nos énergies et de nos intelligences à leur côté est plus que nécessaire pour le développement de notre département.

Vous avez reçu dans le cadre des activités du Cercok, le ministre Jules Doret Ndongo, en sa qualité de président de l'association pour le développement de l'Océan (Addo). Qu'est ce qui sous-tend ce rapprochement.


Certaines mauvaises langues ont prétendu que le ministre Jules Doret Ndongo s'est fait enrôler par les Bamiléké. Une aberration. C'est nous qui l'avons invité. Et il a répondu à notre main tendue. Il faut saluer au passage sa posture de rassembleur. Le Cercok est une jeune association qui a forcement des choses à apprendre auprès de l'Addo dont l'envergure et l'impact sur le terrain de la lutte contre la pauvreté ne sont plus à démontrer. La dynamique impulsée par son président s'en ressent ainsi et fait des émules. Notre rencontre était donc initiale et prospective en vue de la mise sur pied d'une plate forme d'actions concertées et communes pour le développement de l'Océan. Ne dit-on pas que "l'union fait la force". Ce ne seront pas de vains mots. Nous ferons tout pour capitaliser cette synergie par des actions concrètes au bénéfice de la population, sans discrimination.

 

Source: Quotidiens Mutations 2008

 

 



14/01/2008
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