BONA SAWA

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LES SONDAGES A LA LE MESSAGER, QU'EST CE QUE CA EVOQUE?

 

LES SONDAGES A LA LE MESSAGER, QU'EST CE QUE CA EVOQUE?

23.01.2008

Désengagement : Les Camerounais tournent-ils le dos à la politique ?


Plus de 40% sans appartenance politique. Inquiétant pour une République qui aspire à la démocratie.

"De quel parti politique vous sentez-vous le plus proche ?" Cette question porte le premier volet du sondage du Cretes Ca / Le Messager, relatif aux appartenances et à la sympathie des citoyens pour différentes formations politiques au Cameroun. On se serait attendu à ce que chacun penche pour telle ou telle autre formation. Erreur. Jusqu'à 42% des personnes interrogées "disent n'appartenir à aucune formation politique ou ne pas être politiquement rangés ". Près de la moitié de quelque 16 millions d'habitants au Cameroun donc ! Dans une République, il s'agit d'un indicateur inquiétant pour la démocratie. Seulement 58% de l'échantillon affirme avoir de la " sympathie " pour un parti politique reconnu. Bien entendu, il ne s'agit que des sympathisants dont certains peuvent ne pas être des militants effectivement enregistrés.
Même si on aurait pu le sentir à la lumière du faible taux de participation aux législatives et municipales du 22 juillet 2007 (environ 5 millions d'inscrits sur les listes seulement), l'enquête confirme une intuition que certains hommes politiques avaient déjà formulée au lendemain de la consultation. Plusieurs raisons expliquent cette désaffection des Camerounais pour la politique. Parmi celle-ci, les fraudes massives qui font que les choix du peuple ne sont jamais respectés. Constatant qu'un seul parti confisque l'essentiel des mandats électifs depuis le retour du multipartisme en 1990, certains citoyens sont devenus pessimistes. On entend à peu près la même rengaine partout : " Que l'on milite dans un parti ou pas, que l'on vote un candidat ou non, les mêmes s'arrangent toujours pour gagner. Il vaut mieux donc les laisser s'octroyer les mandats jusqu'au jour où ils décideront de quitter les affaires. "
Au-delà, la majorité des Camerounais qui avaient milité dans les partis à l'orée des années 90 en espérant une amélioration de leurs conditions de vie se sont désillusionnés.
Presque rien n'a changé ; si oui, la vie


est toujours plus chère d'année en année. La question que l'on se pose dans les chaumières est de savoir : " Qu'est-ce que la politique m'a donné depuis que je milite ? " Les leaders se trouvent dans une position inconfortable pour y apporter une réponse afin d'entretenir la flamme militante. Mais cette désaffection signifie-t-elle que la population ne se sent plus concernée par la chose politique ? Selon Aboya Manasse, politologue et enseignant à l'Université de Douala, " la population dans sa grande majorité ne se sent plus concernée par les affaires politiques, pas parce que la gestion ne l'intéresse pas, mais parce qu'elle a été mise à l'écart par une oligarchie individualiste. "

Rdpc et Sdf,
comme challengers
Le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) et le Front social démocrate (Sdf) apparaissent comme les principaux partis politiques dans la partie sud du pays. Mais le parti de John Fru Ndi serait victime d'un confinement régional à cause de la politique d'exclusion pratiquée à tort ou à raison par la hiérarchie. Une situation qui a, au fil du temps, cultivé un sentiment de rejet et d'exclusion au sein de la population qui s'est pourtant sacrifiée. Le confinement du parti à Bamenda et à Bafoussam serait donc la résultante des pratiques balbutiantes de ceux qui parlent aujourd'hui au nom du Sdf.
Mais la tendance du Rdpc à avoir le vent en poupe dans les grandes agglomérations doit être considérée avec une certaine distanciation. Pour Aboya Manassé, "cela serait plutôt dû à la trop grande propagande du parti. Les gens y vont pour satisfaire leurs petits calculs. Il ne faut pas se leurrer, en politique, être sympathisant d'un parti ne veut rien dire. Ou on est militant ou on ne l'est pas ". De toutes les façons, 25% des sondés se disent proches du Rdpc), contre 23% pour le Sdf. L'Union nationale pour la démocratie et le progrès (Undp) et l'Union des populations du Cameroun (Upc) enregistrent chacun 2% de sympathie. Le Manidem, le Mp et l'Ufdc pointent en dessous de 1%.

Par Franck ESSOMBA et Roland TSAPI

 

SOURCE:LE MESSAGER,2008



23/01/2008
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