BONA SAWA

BONA SAWA

Mabèlè Georges L’Auteur d’ « Apprendre le Batanga (Banoho) » nous parle de son ouvrage.


L'Auteur d' «  Apprendre le Batanga (Banoho) élémentaire» nous parle de son ouvrage.

Réalisation : Alphonse Mpeke (2012)

Ils/ elles ne sont pas nombreux, qui font l'actualité de notre monde Ndowè. Et quand on a l'occasion d'en avoir qui font des choses exceptionnelles, Peuples Ndowè ne rate pas l'occasion de mettre ces enfants du pays sous les feux de l'actualité. II y a des jeunes dans notre réseau social en ligne et dans notre vaste communauté qui excellent dans ce qu'ils/elles font et Georges MABELE, entre dans cette catégorie d'enfant Ndowè qui brillent par leur détermination dans la tâche et la préservation de ce  qui nous reste de plus identitaire : nos langues. Parmi elles, il y a le Batanga, qui jusqu'ici n'avait pas de manuel pour son apprentissage. MABELE Medy Georges en faisant éditer et publier son premier livre, Apprendre le Batanga aux Editions Ndowè International Press, comble ainsi un énorme vide tout en offrant un manuel de travail pour familles, chercheurs de toutes disciplines. Georges est un jeune pas comme on en croise dans la communauté. Grace à cette interview, nous avons décidé d'aller à la découverte de cet enfant digne de notre peuple.  Alphonse Mpeke s'est rapproché de notre jeune auteur avec des questions que voudrez lui poser.

PN (Peuples Ndowè): Georges MABELE,  Bonjour et merci d'avoir accepté de répondre à nos questions pour les membres du réseau en ligne et nos autres medias.

GM (Georges Medy): Bonjour,  je dois dire que tout le plaisir est le mien de répondre à cette interview.

PN : Qu'est-ce qui vous a motivé à écrire ce  livre de l'apprentissage de la langue Banoho ?

Qu'est ce qui m'a motivé !? Ce n'est pas la première fois que cette question revient et je le dis toujours, c'est la révolte ! Il faut le rappeler, même si j'ai une formation de base en sociologie, ma spécialité elle-même c'est le management des ressources humaines.

GM : Quels sont les moyens que vous avez déployé pour arriver à cette ouvrage ?

Comme tout bon sociologue, j'ai commencé par mener une étude sur les peuples et les parlers de la zone Campo-ma 'an supervisée par le Réseau Africain de Forêts Modèles ; celle-ci ayant révélé l'état catastrophique de notre patrimoine culturelle m'a permis de matérialiser le projet Méhalo, pour documenter nos langues. De manière brève, l'ouvrage est le résultat de longue descente sur le terrain, et discussion avec des jeunes et des personnes désireuses d'apprendre la langue Batanga.

PN : Pouvez-vous nous expliquer vos méthodes de travail lors de l'écriture de cet ouvrage ?

GM : comme je l'ai dit précédemment, après avoir discuté avec des personnes intéressées à apprendre la langue Batanga, je me suis dit que la formule simple et pratique serrai c'elle d'une conception thématique afin de bien canaliser l'apprenant dans un contexte bien précis ; aussi l'orthographe utilisé dans cet ouvrage a été adopté pour faciliter la prononciation et le dialogue.

PN : Qu'est ce qui a été le plus complexe dans ce travail?

GM : l'une des grosses difficultés était justement de trouver un équilibre entre le langage purement Batanga et le Batanga courant et élémentaire, raison pour laquelle je laisse volontairement paraitre beaucoup de néologisme ou noms déposés dans cette ouvrage car il s'agissait pour moi d'initier les apprentis à un langage qu'ils peuvent entendre quotidiennement.

PN : Quelles sont les aides reçues ? Avez-vous sollicité l'expérience linguistique de quelques aines ?

GM : Etant donné que je ne voulais pas faire un dictionnaire (nous y travaillons tout de même), je me suis beaucoup plus penché vers les jeunes de ma génération. La question précédente en dit tout d'ailleurs.

PN : Quelle est votre analyse de l'état de la culture Ndowè en général ou particulièrement Batanga ?

GM : aujourd'hui si je m'en tiens à l'étude que j'ai réalisée, le Batanga (Banoho), sans compter les autres dialectes (Bapuku par exemple) qui sont moins parlés compte moins de 100 locuteurs fiables : incroyable mais vrai ! Selon les statistiques que j'ai pu récolter de la Mairie de Kribi 1er les Ndowè en général représente  10% de la population de Kribi à Campo, si l'on considère avec les grands chantiers que la ville va attirer plus de 40000 étrangers, vous pouvez faire le calcul de ce que nous allons représenter. 

PN : Pensez-vous que votre ouvrage est une solution au problème culturel que connait le peuple Ndowè ?

GM : Une solution proprement dite… je dirais non, c'est un des moyens pour y arriver ; d'ailleurs en soutient à ce projet « Méhalo » nous lançons les « Madanéa » pendant les vacances scolaires, une plateforme d'échange entre les adultes et les jeunes : une sorte d'école de transmission de l'oralité afin de comblé ce côté littéraire de Méhalo étant donné que beaucoup ne lisent pas.

PN : Vous êtes plein initiatives, c'est quoi votre prochaine aventure ?

GM : Le programme « Méhalo » est bien vaste, il ne doit pas être mon affaire à moi seul ! Je ne suis qu'un initiateur et depuis j'y mets mes moyens propres, sans subventions aucune pour arriver à ces résultats. Donc bien de choses sont en vue en commençant par les Madanéa : l'école de la transmission de l'oralité ensuite je souhaite instaurer le club Méhalo à partir de la rentrée académique prochaine. Hors mis tout ceci je travaille sur  un ouvrage en langue Iyasa et Bapuku qui sont déjà achevés et attende l'édition, aussi un ouvrage sur les bétuta sera édité l'année prochaine si tout se passe bien.

PN : Georges MABELE nous vous remercions pour toutes ces réponses et bonnes continuations dans vos activités. Akeva bohito !

Akéva, j'aimerai remercier pour terminer toutes les personnes qui travaillent pour la promotion de notre culture comme vous, la chefferie traditionnelle de Bongahele qui a bien voulu accueillir le siège de Mehalo, sa Majesté Michel Mahouve, chef de groupement Batanga lohovè pour son soutien sans faille, le COBI qui mobilise des moyens pour me venir en aide, la Mairie de Kribi 1er et son maire titulaire Bel Martin Bénaé pour son apport matériel et bien évidemment Ndowè international press qui nous donne l'opportunité de nous exprimer et de nous ouvrir au reste du monde. Merci pour toute cette contribution historique ! Etomba ya Ndowè wè ya diyanaha pèh o mbuwa, ilaeni o boho na boho !!!

PEUPLES NDOWE 2012.



04/06/2012
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