BONA SAWA

BONA SAWA

LE PROF. NJOH MOUELLE NOUS DONNE SON OPINION

Par Miss Dibudu.

 

"Petit commentaire à l'attention de la mistinguette qui crie sa fureur de voir des élites sawa salies en plein net, uniquement parce que des gens ont donné leur point de vue sur ce texte : Njoh Mouellè, l'icône des sawa, l'intellectuel par excellence, ce grand philosophe à l'instar des Voltaire, Montesquieu, ceux qui ont apporté des lumières au monde... est membre du RDPC, le rassemblement démocratique du peuple camerounais, partie au pouvoir, il partage donc l'idéologie de ton homonyme Paul Biya, et sa vision de la démocratrie et du rassemblement. Tu parlais des sawa du gov, tu disais que tous les sawa du rdpc sont contre le peuple, euh toi ! Cet Rdpciste est une icône sawa, que sa philosophie t' illumine, nous avec. On a du respect pour les opinion des autres, et on est aussi libre de ne pas partager des points de vue. Tu t'es précipité à tort sur Modérator et sur tous les Batanga, à qui tu dénies l'appartenance aux sawa, juste parce que quelqu'un a été en désaccord avec une idée du grand penseur ? Mais ça alors !" (Miss Dibudu)

 

 

 

MON OPINION SUR... la société camerounaise/ SUR L'UNITE NATIONALE

 

 

Opinions émises :           

Par Le prof.Njoh Mouelle Ebenezer.

 

 

 

SUR LES FETES DE REJOUISSANCES AU VILLAGE APRES NOMINATION A DES POSTES DE RESPONSABILITES

 

Le phénomène n'a fait que s'intensifier année après année : quand on vient de bénéficier d'une nomination à un poste de responsabilité jugé important ( chef de service, directeur, secrétaire général de ministère, ministre, etc. ) on rentre dans son village organiser une grosse fête à laquelle on invite toute la nation par le biais de la télévision d'Etat ! le dicton répété ça et là proclame que l'enfant du pays parti à la chasse et ayant attrapé un gros gibier se doit de rentrer auprès des siens partager le gibier avec eux. Deux observations viennent à l'esprit :

 

1°) Il est indécent d'imposer à tous les concitoyens à travers la télévision nationale, des réjouissances tapageuses et privées dont l'indécence éclate en ceci que les fêtards n'ont aucune pensée pour ceux dont les villages ou les départements n'ont peut-être jamais eu la faveur de voir l'un des leurs nommés à l'une quelconque de ces hautes fonctions.

 

2°) l'idée selon laquelle la nomination à un poste de responsabilité est une sorte de chasse fructueuse s'inscrit dans la logique de la politique du ventre qui fait considérer tout poste de responsabilité comme un gisement et un gisement privé, une part de gâteau qu'on vous donne. Une vision des choses qui explique le très haut degré de corruption qui affecte le fonctionnement de notre administration. Une administration soi- disant publique mais qui n'a plus rien de public. Le sens de l'intérêt général et du service public est complètement perdu de vue et il est temps de faire quelque chose pour se ressaisir. Ce sont des pratiques qu'il faut stopper.

 

N.B. J'ai exprimé cette opinion à peu près avec les mêmes mots dans mon livre intitulé " Député de la nation ", pages 156 - 157.

 

SUR LA POLITIQUE DE L'EQUILIBRE REGIONAL

 

J'ai exprimé sur cette question une opinion positive consistant à dire que le président Ahmadou Ahidjo avait été bien inspiré d'adopter cette doctrine de l'équilibre régional pour garantir l'unité nationale qui signifiait prioritairement pour lui Intégrité territoriale. Le président Paul Biya a également eu raison de continuer dans cette voie. Et, avant de m'exprimer sur cette question dans cette interview du 16 Mai conduite par le journaliste Ibrahim Cherif dans le cadre de son émission " Actualités Hebdo ", j'avais déjà écrit ce qui suit dans " Député de la nation ", page 157 : " Que faire face à ce redoutable problème ? Dans un pays qui compte plus de deux cents tribus comme le Cameroun, il a semblé, dès le départ et sous le président Ahmadou Ahidjo, que le principe des quotas et la doctrine du développement régionalement équilibré étaient la voie à suivre. Elle a été suivie avec plus ou moins de rigueur. Elle a été critiquée par ceux qui considéraient et considèrent encore peut-être toujours qu'elle comportait en elle-même une certaine injustice, et induisait plutôt un nivellement par le bas au lieu d'une promotion des meilleurs. Ceux-là semblaient dire qu'il fallait laisser les plus avancés continuer de creuser leur avance et les plus attardés continuer de s'attarder…à l'arrière-train ! Je ne pense pas que ç'eût été une politique garantissant la paix sociale et l'unité du pays. "

 

Député de la nation

Presses de l'UCAC Yaoundé 2002

Page 157

 

 

SUR LES ASSOCIATIONS TRIBALES ET CLANIQUES

 

La loi n° 67/LF/19 du 12 Juin 1967 interdisait les associations " présentant un caractère exclusivement tribal ou clanique ". Un an auparavant, le parti unique était créé, expression de la volonté du président Ahidjo de renforcer le sentiment national chez tous ses concitoyens. C'est le moment où les manifestations du " ngondo " des Sawas à Douala vont être suspendues. En 1990, le 19 décembre, le président Biya promulgue la loi n°90/053 du 19/12/1990 relative à la liberté d'association. Le même article 4 des deux lois ne cible plus directement les associations à base tribale ou clanique ; elle déclare " nulles et de nul effet les associations fondées sur une cause portant atteinte…à l'unité nationale, à l'intégrité territoriale et à la forme républicaine de l'Etat " Cette nouvelle loi est votée et promulguée en même temps que la loi sur les partis politiques. C'est la libéralisation, la démocratisation, c'est-à-dire en quelque sorte le retour à ce qui avait fonctionné avant 1966, année où plusieurs partis politiques se sont sabordé et ont consenti l'union dans un seul parti. Le fait est que la plupart de ces nouveaux partis ont suivi le découpage clanique et tribal pour leurs recrutements. L'unité nationale peut-elle être considérée comme ayant reculé par le seul fait de l'existence en grand nombre de ces partis politiques à recrutement tribal et de ces associations fonctionnant sur la base de la fibre ethnique ? Ma réponse a été négative ici. Car en effet, l'unité nationale ne peut être dite atteinte que si certaines de ces associations engageaient des actions ouvertes qui lui soient nuisibles. Mais tant qu'elles s'occupent des problèmes particuliers des villages et des régions, on ne saurait les incriminer de quoi que ce soit. Même au plus fort des " villes mortes ", ceux qui combattaient le régime en place, les hommes au pouvoir, le faisaient dans le cadre d'un Cameroun uni qu'ils voulaient diriger.

 

Cela ne veut pas dire qu'il faut encourager le sectarisme et la multiplication des associations, fussent-elles tribales. Le sentiment d'appartenance prioritaire à une tribu doit disparaître et il disparaîtra avec le temps. Mais la démocratisation de la vie sociale et politique aidant, on était bien obligé de constater ce qu'on a constaté.

 

L'unité politique se vit davantage dans le sentiment partagé par tous, de vouloir vivre un destin commun .A cet égard, il nous faut davantage proposer aux compatriotes des projets rassembleurs , à la manière de ce qui est obtenu avec l'équipe nationale de football , les lions indomptables.

 

QUELS AUTRES PROJETS RASSEMBLEURS ?

 

A cette question je ne pouvais donner qu'une indication. Il y a lieu de faire quelque chose pour cimenter davantage le destin de nation bilingue du Cameroun. A Cet égard on pourrait commencer par améliorer les performances en bilinguisme des lycées qui portent précisément cette étiquette. Par la suite et dans le cadre des conférences internationales à héberger, le Cameroun pourrait envisager de revoir la vocation de l'université de Buéa en matière de formation des interprètes et des traducteurs en toutes les langues intervenant dans ces conférences, y compris donc l'arabe, le chinois et le russe par exemple.

 

Le problème anglophone n'est pas autre chose que la multiplication des actions tendant à amener la grande majorité des Camerounais à parler indifféremment français ou anglais à l'instar de ce qu'une minorité fait aujourd'hui. On ne devra plus regarder du côté de l'origine linguistique des gens, francophone ou anglophone, mais la compétence, les capacités, pour tenir n'importe quel emploi dans la république. Le problème anglophone qui est posé par une minorité des compatriotes concerne précisément cette question d'emploi et même de la direction du Cameroun. Il s'agit de ceux qui pensent qu'ils doivent aller ailleurs pour avoir une chance de diriger un Etat. La plupart de nos compatriotes anglophones ne se reconnaissent pas dans un tel projet.

 

A PROPOS DES PRIVATISATIONS

 

On ne peut pas tout privatiser. Les institutions de Brettons Woods ne s'occupent que d'argent et jamais de politique intérieure. L'unité nationale ? Il nous appartient à nous-mêmes de la défendre par tous les moyens et notamment en évitant de mettre en vente des affaires comme celle de la Camair. Les Camerounais vibrent à l'unisson quand il s'agit de leur compagnie de navigation aérienne considérée symboliquement comme la " onzième province " du Cameroun. Tout le monde se souvient de la levée de boucliers du jour où le gouvernement a fait mine de vouloir vendre le Boeing 747 baptisé " Mont Cameroun ". Mais c'est le Cameroun qu'on vend ! s'indignait-on ! Il faut remettre en marche l'Ensemble national ( ballets, orchestre, théâtre) qui réunissait des comédiens et musiciens de tout le pays, chantant et dansant les rythmes de divers terroirs du Cameroun. Sous la direction de Francis Kingué dans le temps, cet Ensemble a aussi fait rêver les Camerounais qui voyaient leur culture nationale multiforme dignement représentée à l'extérieur../.

 

Mon entrée en politique

J'avais eu l'occasion, par deux fois, de voir mon nom figurer sur la liste des membres du comité de rédaction pour les congrès de l'UNC ( Union Nationale Camerounaise), parti créé par le premier président du Cameroun indépendant, Ahmadou Ahidjo. En décembre 1974, lors des assises du Conseil national de l'enseignement supérieur, instance présidée par le chef de l'Etat, j'avais joué le rôle de secrétaire d'une des commissions présidée par Vroumsia Tchinaye. Celui-ci avait été, à ses propres dires, impressionné par le fait qu'en même temps que je prenais des notes et l'aidais à faire le point sur l'évolution des débats, je le surprenais par la facilité avec laquelle je soumettais, séance tenante, des formulations de projets de résolutions qui permettaient de rallier des points de vue apparemment irréductibles des intervenants. C'est à partir de là qu'il avait pensé proposer que je fusse associé aux travaux du comité de rédaction du congrès qui devait suivre l'année d'après, en 1975 à Douala ainsi que pour celui de 1980 à Bafoussam. Au sein de ce comité et en matière de rédaction, les membres avaient tout juste à relire et améliorer l'écriture des rapports d'activités des divers présidents des sections départementales du parti. En effet, jusqu'au congrès de Bafoussam, une journée entière était prévue dans le programme pour la présentation de leurs rapports d'activités par les responsables des sections départementales du parti unique. Beaucoup de ces rapports étaient écrits dans une langue et un style qui laissaient souvent à désirer. C'est pour cela que le comité de rédaction avait été institué, non pas pour la rédaction des choses importantes ( discours, projets de résolutions, rapport général d'activités du président du parti,p.e), mais pour faire la toilette des rapports qui étaient souvent lus d'ailleurs dans une salle de congrès en pleine somnolence !

Ce n'est donc pas de ce côté-là que je dois aller situer mon entrée en politique. Il s'agissait d'une tâche ponctuelle à laquelle on associait des enseignants, y compris ceux qui continuaient d'être tenus en suspicion comme étant des opposants " dormants ", comme on dirait aujourd'hui. Je n'ai occupé aucune fonction politique pendant l'ère du premier président du Cameroun. Celui-ci avait préféré me maintenir dans mon milieu académique, malgré l'action sournoise de tous ceux qui faisaient écrire des rapports m'accusant tout le temps d'être l'instigateur des grèves des étudiants.

A quel moment situer mon entrée en politique dans ma vie active ? Ce sera au début du premier mandat du président Biya. Ce n'était pas par l'entremise d'une nomination à un quelconque poste. Bien sûr, en Août 1984 , le président Biya me nomme à la tête de l'institution universitaire de Douala en qualité de directeur général de ce centre universitaire. Mais ce n'était pas un poste politique. C'était plutôt l'occasion de me permettre de tenir le poste de responsabilité académique qui me manquait, à savoir celui de chef d'institution universitaire.

Voilà ! Je crois que mon entrée en politique s'est opérée à travers une initiative personnelle que j'ai prise peu de temps après la nomination de François Sengat Kuo dans les fonctions de Secrétaire politique, donc de numéro 1 au sein du Secrétariat du Comité Central de l'U.n.c. Nous sommes en Mars-Avril 1984 quand je prends l'initiative de faire organiser en l'honneur de François Sengat Kuo, une grande réception à Yaoundé par la communauté sawa de Yaoundé. Peu de temps auparavant, j'avais eu vent de ce qu'il souhaitait une telle chose, conscient qu'il était de la mauvaise opinion que ses " frères " sawa avaient de lui, à partir d'une réflexion qu'il aurait faite un jour, et selon laquelle il ne devait sa position auprès d'Ahidjo à personne et que seule " sa plume ", donc ses diplômes, lui auraient valu d'être là où il était, à savoir un très proche collaborateur du chef de l'Etat. Je réunis donc quatre amis dans mon domicile de fonction de directeur de l'E.N.S. : Mbonjo Ejangue, le colonel Moukori Mbappe, Michel Epangue et Naah Robert. Ils approuvent mon idée. Nous nous organisons et réussissons à offrir une très belle réception au domicile de M. Mbonjo Ejangue, à l'époque secrétaire général du ministère de la santé.

Bien que je ne lui en aie rien dit moi-même, Sengat Kuo a vite pris connaissance du fait que j'étais l'initiateur de la fête que ses " frères Sawa " avaient décidé de lui offrir. C'est ainsi qu'il va me convoquer un jour, avant la fin de l'année académique 83-84 dans son bureau. Il était alors ministre de l'information. Il me demande de choisir moi-même les membres d'une petite équipe devant rédiger un document important dans la perspective du congrès de l'U.n.c prévue pour Bamenda 1985. Des détails sur la destination de ce projet ainsi que sur l'identité des personnes rassemblées autour de moi ne pourront être révélés que plus tard. Le fait est que c'est au congrès de Bamenda qui a vu l'U.n.c devenir le R.d.p.c. que j'ai été coopté en qualité de membre suppléant du Comité central.

De retour de ce congrès de Bamenda, le secrétaire politique Sengat Kuo décide d'organiser une tournée de plusieurs équipes dans les provinces pour expliquer les changements intervenus à Bamenda. Je suis intégré dans la délégation qu'il va diriger lui-même à travers les chefs-lieux des départements de la province du littoral : Douala, Edéa, Yabassi, Nkongsamba. Des exposés tout faits avaient été élaborés par le secrétariat du comité central. Il ne restait plus qu'à les lire. J'ai été toutefois le seul à s'être vu donner la liberté de préparer son intervention portant sur le type d'homme que le " Renouveau " entendait promouvoir. Cette liberté qui m'a été donnée, le thème traité, la manière très libre avec laquelle je présentais la question, m'avaient valu un énorme succès d'applaudimètre tout au long de notre périple.

J'étais en poste au Centre Universitaire de Douala ; et c'est bien là que, nanti de ma casquette de membre suppléant du comité central, je vais être invité à prendre part à diverses rencontres , réunions et manifestations politiques dans le département du Wouri, à Douala Je peux dire que c'était véritablement le point de départ de mon activité politique.C'est de Douala que le président Biya me fera venir pour entrer dans son cabinet avec le titre de Conseiller du Président de la République./.

 Source: http://www.njohmouelle.org/?id=15&p=15

 

 



10/07/2006
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